La Suède : un modèle d’ouverture aux populations étrangères
Un des modèles à suivre en termes d'accueil de population est indéniablement la Suède. Non seulement le royaume accueille un nombre très important d’étrangers, mais leur intégration se déroule dans un climat chaleureux. Selon une étude réalisée par le MIPEX (Migrant Integration Policy Index), parmi tous les pays européens, la Suède arrive en première position pour la qualité de son accueil, loin devant la France, seulement classée au 11ème rang.
La Suède, véritable terre d’accueil
Avec plus de 20 % de ses habitants d'origine étrangère, la Suède est un pays résolument cosmopolite. Rien qu’en 2007, le pays a accueilli 95 000 individus issus de 169 nationalités différentes. L’ouverture des frontières est tolérante : plus d’un quart des étrangers accueillis sont des demandeurs d’asile, et un tiers d’entre eux sont des prétendants au regroupement familial. Il ne s’agit pas d’un épiphénomène puisque la majorité des immigrés vivent en Suède depuis au moins dix ans. Enfin, l’accès à la nationalité suédoise est relativement aisé : plus de 60 % des étrangers présents dans le pays depuis plus de cinq ans ont été naturalisés (1)
Ouvrir ses frontières : des bénéfices multiples
Face à de tels chiffres, il convient de s’interroger sur l’origine de cette dynamique d’intégration, qui demeure exceptionnelle en Europe. Des causes historiques et sociologiques en sont à l’origine : au milieu du XXème siècle, confronté à une crise démographique sans précédent, le gouvernement suédois a attiré des immigrés pour renouveler sa population. A ces facteurs s’ajoutent des enjeux économiques. Pour faire face au vieillissement de la population, les politiques ont recruté à l’étranger une main d’œuvre jeune et dynamique, destinée à occuper des emplois qualifiés.
Des opérations de séduction variées
Pour séduire de nouvelles populations, le gouvernement suédois a employé les grands moyens. Sa tâche a été facilitée par la localisation géographique privilégiée de la Suède, située au carrefour des pays scandinaves. La majorité des migrants proviennent d’ailleurs des pays limitrophes, notamment de la Finlande. Mais ce sont surtout les politiques d’immigration assouplies et les stratégies de communication mises en œuvre par le royaume qui expliquent son succès. Elles s’articulent autour de quatre axes fondamentaux :
- L’ouverture du marché du travail :
Le gouvernement suédois est le seul à avoir proposé un contrat spécifique réservé à l´introduction des immigrés sur le marché du travail, prolongé récemment jusqu’à 24 mois. Conçu pour faciliter l’intégration des étrangers, il leur permet de travailler tout en apprenant la langue.
- Des démarches simplifiées :
Depuis le 30 avril 2006, les ressortissants des 27 pays de l’Union Européenne peuvent obtenir directement leur carte de séjour pour résider en Suède au-delà de trois mois.
- Une communication intelligente :
Consciente de ses atouts, la Suède a su adapter sa communication aux mouvances actuelles en insistant sur sa qualité de vie unique et son horizon culturel, comme en témoigne le site officiel de l’Office de tourisme.
- Une dynamique qui implique l’ensemble de la population :
La Suède se caractérise en effet par une discrimination quasi inexistante : « Il y a une dynamique de l’intégration qu’on ne trouve pas ailleurs, avec des objectifs très ambitieux et une idéologie égalitaire à laquelle les gens croient fermement », déclare le sociologue José Alberto Diaz dans un article publié dans Libération (2)
La barrière linguistique constitue finalement le seul bémol de cette politique d’ouverture. La maîtrise du suédois est en effet indispensable pour bien s’intégrer.
Notes
(1) Chiffres extraits de l’étude « Défis et Etats des lieux en Suède », publiés le groupe Equal, Plate-forme européenne pour faire reculer les discriminations ethniques dans l’emploi en Europe).
(2) « Suède, le royaume des migrants », Libération, mardi 8 janvier 2008, Anne-Françoise Hivert.


























